02/06/2007

"Entre chiens et loups"

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1er roman d'une trilogie boulversante. Un roman saisissant qui traite des populations minoritaires au sein de notre société; Sauf qu'ici, les populations minoritaires, sans logement décent et sans travail sont les blancs....et ceux qui disposent du pouvoir et des richesses sont les noirs.
Malorie Blackman nous amène à regarder ce monde sans être à la place des privilégiés et à réfléchir....
A lire absolument!
Chantal Jouvin

16/04/2007

Korsakov d'Eric Fottorino

medium_korsakov_.3.jpgUne grand-mère, à Bordeaux dans les années 60, qui dirige sa famille sans beaucoup d'humanité; une mère qui cherche le bonheur; élevé par cette grand-mère, un enfant qui cherche son père. Quand elle dit de lui "c'est un enfant débrouillard", il entend "c'est un enfant des brouillards".
Quand il a 10 ans, sa mère rencontre un homme qu'elle épouse et l'enfant est adopté par toute la famille, nombreuse, chaleureuse et joyeuse de celui qui devient son père.
L'enfant devient adulte, devient père, et, atteint d'une maladie qui fait perdre la mémoire et inventer le passé, il raconte son histoire.
C'est une histoire de familles et surtout de pères et de fils.
C'est sombre et joyeux, insouciant et grave, c'est la vie.

11/04/2007

Le Chapeau : et c'est toujours la même histoire de Marcus Malte ill.Rémi Saillard

medium_chapeau.jpgLa vie comme un éternel recommencement. Surtout ne vous privez pas et lisez le à haute voix pour le déguster. Un régal ! Poétique et rythmé, ce récit en forme de poupée russe déborde de sagesse et de philosophie. C'est l'histoire d'un chapeau qui s'envole, d'une grenouille qui cherche un abri, d'un poisson qui a faim et d'un pêcheur qui rêve...(et d'amour, mais aussi d'un bon repas) Hasard des rencontres et surprises de la vie, l. J'insiste, un vrai régal et je ne vous parle pas de l'illustration et de la mise en page, une petite merveille. Moi je dis CHAPEAU !

09/06/2006

Voyage en Italie

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Je n'ai point osé imposer la lecture à haute voix de cette recette à la compagnie nocturne de Bouguenais Bouquine qui tenait sa dernière rencontre avant l'été. Je m'en vas la publier sur le blogue qui sommeille. Il ne suffit point de décréter "la parole aux

lectrices et lecteurs" pour qu'elle se prenne ; nous avons discuté avec ardeur hier au soir.
Les seiches farcies, recette vénitienne

Il faut hacher la salade et le cerfeuil avec une pointe d'ail et beaucoup de persil. Le persil est très bon à l'homme ; il donne une belle démarche. On coupe menu aussi les tentacules des petites seiches. Il ne les faut pas plus grosses qu'un œuf de pintade. On fait un coulis avec la pomme d'amour, de l'huile et le foie cru de trois ou quatre gros rougets. Dans les maisons où l'on est habitué à manger de la seiche farcie, on a toujours une petite jarre de garbinella. C'est un mot qui signifie tour d'adresse. C'est une purée de fenouil de Padoue. On écrase dans de l'eau-de-vie les grosses tiges de ce fenouil qui pousse au bord des marais. Cette pâte « fine comme de l'argile à poterie» macère dans l'alcool pendant des mois. On en prend gros comme un poing d'homme. On la délaie dans du vin blanc. On fait crever du riz et on le laisse s'imbiber de ce vin blanc. La seiche est le seul fruit de mer qui demande assaisonnement de noix muscade. Cela vient de ce qu'elle se nourrit des petites boues qui flottent entre deux eaux, comme du lait. Il faut beaucoup de temps pour farcir des seiches mais, bien entendu, on a le temps. Ensuite, on les fait cuire à la poêle dans de l'huile qui ne doit pas grésiller. Cela ne s'appelle pas frire ; cela s'appelle sborare. C'est un mot qui signifie quelque chose de dégoûtant. Mais celui qui est près d'une poêle où l'on fait sborare des seiches ne se soucie plus du sens du mot.


Giono,
scribe des cinq sens :
Les femmes mettaient des clous de girofles dans les coffres à linge. Leur faire la cour, c’était manger du bœuf en daube.


.....Et les autres Voyages en Italie à lire et relire : Montaigne, Madame de Staël, Chateaubriand, Stendhal...
Jacques

19/02/2006

à lire

medium_riel.2.jpgpour un échange à notre prochaine rencontre




Jacques

09/12/2005

Les aventuriers du monde - ouvrage collectif

Aventuriers du monde ? Pas mal d’ambiguités dans la lecture de ce livre, quand ces jours, la France s’agite autour de son passé.
Ils sont militaires, marins, scientifiques. Ils ont enchanté l’enfance du lecteur quand les fondations de l’Empire comment à trembler.
Certains furent de fervents serviteurs de l’établissement de cet Empire : Galliéni, Archinard, Gouraud, Lamy, Marchand, Binger !
D’autres tout aussi enthousiastes et audacieux, Savorgnan de Brazza, Auguste François, prirent quelque distance avant l’expansion.
D’autres enfin, Martial, Monnier, Chantre, Charcot furent des voyageurs en quête de savoir nouveaux, d’horizons inconnus.
Un seul, et sans nul doute le premier, éleva la voix pour dénoncer les saccages, Victor Segalen.
Une seule aventure “autochtone” nous est contée, celle de Samory.
L’ambiguité du thème est levée par celles et ceux qui présentent les héros : historiens, journalistes, essayistes, aucun(e) ne peut être taxé(e) d’être proche des idéologies post coloniales. Ils ont nom Jean Lacouture, Marie Seurat, Élikia M’Bokolo, Jean-Claude Guillebaud, Abdhourahman Wabéri, Isabelle Autissier, Kenneth White...
C’est sans doute la publication en Folio/Gallimard d’une revue “L’Iconoclaste”, éditée en 2003 ; mais rien d’autre n’est précisé. Je pense qu’un nouveau Folio, participant de la même démarche, vient de paraître : “Mémoires de la mer”


Jacques

24/11/2005

L'homme qui voulait vivre sa vie

"L'homme qui voulait vivre sa vie" Douglas Kennedy
Quel est le prix à payer pour changer le cours de sa vie? Pour
la vivre enfin pleinement. Ben Bradford, la trentaine, brillant
avocat new-yorkais, marié, deux enfants, présente toutes les
apparences de la réussite. Sans la trahison de sa femme, sans le coup de folie meurtrier qui en résulte, il n'aurait pas eu le courage
d'endosser une nouvelle identité, d'etre enfin le photographe qu'
il a toujours rever d'etre. Maintenant sa vie a basculé, il va connaitre le prix de cette liberté.
De New York au Montana, une histoire captivante, poignante parfois, dont le souvenir poursuit longtemps le lecteur.

11/10/2005

Primo

Maryline Desbiolles



Primo, c’est le prénom du premier enfant de la grand-mère de Maryline Desbiolles qui disparut mystérieusement à la naissance de son second enfant.
L’écrivain narrateur fouille dans l’histoire familiale, va et vient dans le temps, mène l’enquête.
Elle refait le chemin de sa grand-mère, lorsque cette dernière est partie pour Turin accoucher dans un couvent. Elle était accompagnée de Primo, âgé d’un an et demi, elle ne rentrera pas avec lui en France, mais seulement avec le nouveau-né…
L’écriture et le thème sont beaux et douloureux, à vous donner la chair de poule.

Emmanuelle Janvier

05/10/2005

Matins bleus de Jean-Marie LACLAVETINE

Nous voici au sommet de la verrière d'une grande gare en compagnie d'un peintre chargé de la réfection de cet ouvrage. De son perchoir, Ange observe les personnes qui, tout en bas, tels de minuscules insectes, vaquent à leurs occupations quotidiennes.
Et nous voilà entraînés, par une série de mouvements comparables au zoom d'un télé-objectif au coeur de la vie de quelques personnages. Certains d'entre eux sont les familiers d'Ange, ceux qu'il rencontre au quotidien avant de monter dans sa nacelle.
Entre les événements, l'auteur lui-même se laisse aller à de rapides portraits, puis il laisse le fil de la vie continuer et la personne, un moment sous le feu des projecteurs, se perd à nouveau dans l'anonymat de la foule.

L'homme des deux tribus d'Arthur UPFIELD

J'ai fait connaissance grâce à ce livre de ce que l'on nomme le polar-ethnologique : polar parce qu'il y a de l'intrigue et du suspense, ethnologique parce que nous sommes plongés dans un environnement spécifique en l'occurrence dans ce roman le bush australien.
Le personnage principal, l'inspecteur Bonaparte a l'avantage d'une double culture. Eduqué en Angleterre, il connait bien les aborigènes car il est un "sang mêlé" et a pu ainsi avoir accès aux rites et initiations des natifs du grand désert australien.
Nous avons droit à des descriptions d'immenses étendues désolées où toute vie semble absente.....et pourtant il faut savoir interpréter les signes..... qui peuvent traduire la présence d'une vie végétale, animale ou humaine.
Bonne lecture de détente.

21/09/2005

Ces voix qui m'assiègent

Assia DJEBAR

Je tiens "Ces voix qui m'assiègent" pour un des bouquins les plus forts sur la confrontation linguistique qu'avait déjà abordée Kateb Yacine dans Le Polygone étoilé :

« ...Quand j’eus sept ans... mon père prit soudain la décision irrévocable de me fourrer sans plus tarder dans la “gueule du loup”, c’est-à-dire à l’école française. Il le faisait le cœur serré : — Laisse l’arabe pour l’instant. Je ne veux pas que, comme moi, tu sois assis entre deux chaises... La langue française domine. Il te faudra la dominer, et laisser en arrière tout ce que nous t’avons inculqué dans ta plus tendre enfance. Mais une fois passé maître dans la langue française, tu pourras sans danger revenir avec nous à ton point de départ. »
Le Polygone étoilé, page 180.


Le bouquin de Djebar rassemble quinze ans de textes - poèmes, interventions lors de colloques, conférences, articles, où elle se confronte souvent dans un déchirement douloureux avec cet “tangage des langues”.

« Femme algérienne... “femme arabo-berbère” et en sus “d’écriture française” ».


Elle convoque ses aïeules, sa mère, les vieilles paysannes berbères de son Chenoua natal avec lesquelles elle devise, "assise sur le bord de la route et dans la poussière...".

Elle nous invite à entrer dans nos propres déchirures langagières, entre oralité et écriture, entre parole populaire et texte lettré.

Elle fait signe à Aït Mansour Amrouche, la berbère chrétienne, à la fille de celle-ci, la si grande cantatrice Taos Amrouche, à Kateb Yacine, l'adolescent protestaire de mai 1945, à Jabès, le juif égyptien, à Albert Camus le pied-noir, à toutes celles et tous ceux qui furent dans des chemins d'encre, des chemins de sang.

« dans le retrait de l'écriture en quête d'une langue hors-les-langues... retrouver un "dedans de la parole" qui seul, demeure notre patrie féconde ».


Depuis la mi-juin, elle est à l'Académie française.
Les temps changeraient-t-ils ?

Jacques

06/07/2005

Coup de coeur

« De sang froid » de Truman Capote

La lecture d’un terrible fait divers, l’assassinat d’une famille de fermiers au Kansas
fournit à l’écrivain américain Truman Capote l’occasion de sortir de son univers
new-yorkais et de créer un genre littéraire, le « roman non roman ». Des mois durant,
Il suit l’enquête au plus près, devient l’ami du shérif, fréquente les habitants terrorisés
de la petite bourgade du middle west. Plus tard il rencontrera les assassins dans leur
cellule, s’intéressant à leur passé, et assistera même à leur exécution. De ce long
travail d’investigation, il ressort ce livre épais, noir, enquête sur l’Amérique profonde
de la fin des années 50, qui se lit comme un roman.


« Tais toi je t’en prie » et « Les vitamines du bonheur » de Raymond Carver

Deux recueils de nouvelles de celui qui, aux Etats-Unis, est considéré comme un maître du
genre ; le véritable héritier d’Hemingway. Son univers ? Le quotidien des petites gens ; ouvriers,
serveuses de bar, chômeurs, tous les exclus du rêve américain, dont il raconte les petites
misères et les grandes solitudes. Jamais désespérées, parfois drôles, ces « short stories »
(histoires courtes), écrites dans un style dépouillé, sont portées par des bouts de dialogue
et des images fortes. Elles témoignent simplement de la difficulté à communiquer.

09/06/2005

Au sujet de Christian BOBIN

Je n'ai pas réussi à pénétrer l'univers de Christian Bobin. Je n'ai pas accroché à ses nouvelles Il est vrai que j'aime mieux les beaux et grands récits. Je préfère connaître, comprendre, m'attacher à des personnages, à des situations et ne pas les quitter trop vite...
Et pourtant, grâce "aux coups de coeur", j'ai pu lire une préface de Christian Bobin qui m'a énormément touchée.
Le sujet abordé est celui de la lecture....Je vous le recommande...
Préface au recueil de nouvelles de Christian Bobin "Une petite robe de fête"

Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé



Les Pouilles, une région d'Italie du Sud, où règne l'aridité et la sécheresse. Tout effort est difficile sous la chaleur écrasante du soleil
Sur le chemin de terre qui mène à un petit village, un homme s'avance sur sa mule...
C'est le début du roman et l'histoire d'une famille sur plusieurs générations. Le récit est entrecoupé par la voix d'une vieille femme qui doit livrer "son" secret avant de rendre l'âme.
J'ai dévoré ce roman et je l'ai aimé pour deux raisons essentielles :
- le souffle qui traversait les pages me transportait en Italie ; je voyageais et percevais la cruauté de la morsure du soleil.
- la vie de la famille, le passage des générations, l'omniprésence du village où tout se sait et se comprend derrière les volets clos ; tout cela est merveilleusement écrit et le lecteur, une fois saisi, reste captif de l'univers créé jusqu'à la dernière page.

Du même auteur, sur un autre sujet et plutôt un roman épique "La mort du roi Tsongor"

20/05/2005

Une heure avec...

René CHAR

Mardi soir, 17 mai, c’était une heure avec... René Char.

À la fin de l’heure, le lecteur était heureux, la tâche semblait avoir été honnêtement accomplie, l’auditoire tout aussi inquiet que le lecteur en son commencement, attentif et rassuré. Les pentes “chariennes” sont arides, mais les Feuillets d’Hypnos sont bien le sentier pour s’y aventurer. Ou pour se réconcilier avec l'hermétisme d'un poète qui reconnaît qu'il n'est point facile de "dire clairement des choses obscures" !
Il y avait sourires rassérénés à la sortie de la médiathèque.
Dommage pourtant que nous n’ayons pu aborder ce qui, pour le lecteur, est devenu le cœur des Feuillets : la violence, inacceptable, et la contre-violence juste et nécessaire ; car c’est bien le sang, le “sang supplicié”, le sang de l’embuscade et des exécutions sommaires qui coule dans ces carnets de maquis. N’oublions pas : ce temps des MAQUIS est le temps des CAMPS !
Et Char peut bien tenter de conjurer l’atroce en convoquant la Beauté : l’horreur, injustifiée ET justifiée, est !
Insoluble, inoubliable, ineffaçable situation humaine ! Même si, en ces temps d’oublieuse mémoire, nous paraissons, nous Européens, très éloignés de cette cruauté.

Les yeux seuls sont capables de pousser un cri.


N.B. : Les Feuillets d'Hypnos ne constituent plus un recueil à part. On les trouve dans le livre de poche FUREUR ET MYSTÈRE, n° 15, Poésie/Gallimard.
• Quelques pages sur un site : Chantiers.org.
• Sur le peintre Georges de La Tour et René Char : Louvre.educnet

Jacques